
Dans l’interview ci-dessous nous republions les propos de D. Ceux-ci ont été recueillis après que ce dernier ait passé 4 mois en détention préventive à Champ-Dollon à Genève. Il y parle notamment de ce qui l’a marqué en prison : les conditions de détention, l’impossibilité du deuil, et le vocabulaire animalisant employé pour décrire la vie des détenu·e·s.


Durant les étés 2022 et 2023, les personnes incarcérées à Champ-Dollon avaient dénoncé des conditions de détention invivables. Cellules surpeuplées, enfermement 23h sur 24h et températures encore plus chaudes qu’à l’extérieur. Encore pire dans les cachots (les cellules d’isolement) où les fenêtres ne s’ouvrent que de 10 centimètres, les grillages ne laissant pas circuler l’air [1]. En juillet 2022, alors que les températures s’élevaient à plus de 35°C dans les ateliers de la Brenaz, des détenus y avaient fait grève pour dénoncer des conditions de travail intenables. Tous avaient été sanctionnés par l’administration pénitentiaire [2].




