Mouvement de protestation à Champ-dollon

Samedi 24 avril 2021, 23 détenus ont refusé de regagner leur cellule après la promenade à la prison de Champ-Dollon. La police est finalement intervenue vers 20 heure pour mettre fin à ce mouvement de protestation. L’administration de la prison est très avare sur des informations pourtant fondamentales comme les motivations des prisonniers. Le maigre et unique article consacré à l’événement par la Tribune de Genève ne nous apprend pas grand chose.

Continuer la lecture

Brisons le tabou qui pèse sur les personnes détenues

Autres langues: DEUTSCH, ENGLISH, ITALIANO, ESPAÑOL, PORTUGUES, русский, SHQIP, WOLOF

Chaque proche de détenu.e le sait, avoir une personne qu’on aime dedans c’est penser à ça à chaque instant mais c’est aussi ce dont on peut parler le moins dans notre quotidien de dehors. Être soi-même détenu.e ou ex-détenu.e marque aussi sa vie et on ne peut pas plus en parler.

L’intérêt de cette rubrique est de partager nos expériences en tant que proches, personnes détenues ou ex-détenues pour que l’on sache qu’on est pas seul.e. Qui sait, peut-être que de ces témoignages ressortiront également des stratégies et des conseils de comment faire face à cette situation lorsqu’elle devient trop lourde.

Brisons ce tabou qui pèse sur les personnes détenues et qui occupe les pensées des proches et des personnes détenues. Exprimons ici ce que nous avons sur le coeur, là où ceux et celles qui nous liront sauront nous comprendre, et où nos témoignages deviendront des forces.
Parlons prisons pour briser cette solitude et l’isolement.

Pour être une fois réellement considéré.e.s et pour permettre également aux personnes qui ne connaissent pas le monde carcéral (ni de dehors, ni de dedans) de mieux comprendre ce qu’il en est.

Vous pouvez nous écrire les témoignages par écrit (la forme et l’orthographe ne sont évidemment pas importantes du tout) ! Vous pouvez aussi nous contacter par mail (parlons_prisons@riseup.net) pour que l’on se rencontre afin d’enregistrer votre témoignage et qu’on le retranscrive, si vous êtes plus à l’aise avec l’oral.

Évidemment, les témoignages et analyses ne doivent pas comporter de propos racistes, sexistes, islamophobes, etc. Ils ne doivent pas enfoncer les autres personnes détenues. Vu le caractère anticarcéral de ce site, ils ne doivent pas légitimer la prison. Finalement, ils ne doivent pas dévoiler des stratégies pour faire entrer des objets dans la prison par exemple. Ceci dans le but que ces témoignages soient une force pour toutes et tous.

Instances judiciaires

Les informations qui se trouvent dans les onglets « Ministère pubilc » et « Tribunal pénal » servent à mieux comprendre le rôle des différentes instances judiciaires ä Genève. Lorsqu’un·e avocat·e est mandaté·e, il est de son ressort de gérer les relations avec ces instances. Si la personne est placée en détention alors elle sera obligatoirement assistée d’un·e avocat·e. Il est important de se mettre en contact avec l’avocat·e au plus vite pour obtenir des informations sur la procédure, dès que la personne détenue l’aura libéré·e du secret professionel.

En Suisse

La violence des prisons à l’heure du coronavirus

Crèches fermées, écoles à distance, travail à l’arrêt autant que possible, événements culturels annulés, bref, on s’approche d’un véritable confinement pour stopper la propagation de ce virus. Pendant ce temps, alors qu’on nous enjoint à prendre soin de nous et de nos proches, les personnes précarisées par un système de classe, raciste et sexiste sont ignorées par les recommandations de l’Office fédéral de la santé publique. Les travailleur·euse·s précarisé·e·s, les parents précaires, les personnes à la rue, les personnes sans statut de séjour et les prisonnier·ère·s n’ont reçu aucune attention particulière dans ces déclarations qui ignorent souverainement leur réalité matérielle.

Santé, Emprisonnement et Coronavirus : Ouvrir les prisons maintenant!

Le week-end du 3-4 avril 2020 a été marqué par deux mutineries à la prison de Champ-Dollon (Genève). Une quarantaine de détenu.e.x.s le vendredi puis une vingtaine le samedi ont refusé de réintégrer leurs cellules. Ce qui est extrêmement courageux compte tenu de la violence des mesures répressives dans un contexte carcéral. Leur mobilisation a été largement soutenue par les autres prisonnier.e.x.s depuis l’intérieur. La révolte réclamait un traitement digne et leur revendication principale était la libération comme moyen de lutte contre la propagation du coronavirus dans la prison. Un dispositif policier important a été mis en place autour et dans de la prison et les participant-e-s du mouvement du samedi se sont vu-e-s enfermer au cachot pour une durée de dix jours.

Révoltes à Champ-Dollon

Hier, vendredi 3 avril, une quarantaine de personnes détenues à la prison de Champ-Dollon ont refusé de retourner dans leur cellule suite à la promenade. De nombreux journaux reprennent tel quel le communiqué de l’Office cantonal de la détention (OCD) publié dans la soirée. Il nous semble que plusieurs des informations essentielles à la compréhension de cette mobilisation n’ont pas été communiquées.

Vers la fin de la détention administrative ?

Avec l’impossibilité d’expulser, Genève libère les personnes enfermées dans ses centres de détentions. Toutefois, les personnes retenues ayant été infectée par le virus covid-19 se voient incarcérées dans la prison surpeuplée de Champ-Dollon. Qu’en sera-t-il de la détention administrative après le virus ? Plus jamais ça !

Quand le « tout carcéral » se casse la gueule

La question des prisons semble être à l’ordre du jour dans le débat public en cette rentrée 2018. C’est d’abord le collectif Prenons la Ville et ses ami.e.s qui, samedi 25 août, ont décidé d’occuper Porteus. Sur ce bâtiment, entre tags et banderoles, on peut lire : « nous construisons un monde sans prisons » ou encore « crève la taule ». Que l’on ne s’y trompe pas ce ne sont pas là les phrases de quelques jeunes « rêveurs et rêveuses », bien au contraire.

Quand migration rime avec détention et expulsion

À Genève, une cinquantaine de personnes sont actuellement en détention administrative pour l’unique raison qu’elles se sont vues refuser une autorisation de séjour sur le territoire suisse. C’est le cas de R, tunisien, débouté, arrêté en octobre alors qu’il sortait de l’Office cantonal de la population et des migrations (OCPM) où il allait renouveler son papier blanc lui permettant d’obtenir « l’aide d’urgence ». Attiré par le mythe d’une Europe des “droits humains” et de la prospérité pour tou.te.s, R s’est au contraire trouvé face à une politique migratoire qui considère les êtres humains comme des numéros à gérer, trier, renvoyer…

Inauguration de la prison Curabilis

Le 4 avril 2014, une nouvelle prison a été inaugurée à Genève, à côté de Champ-Dollon. Elle se nomme Curabilis et la concrétisation tardive du projet de “maison pour les psychopathes délinquants mentaux”. Elle servira surtout à faire applique les mesures thérapeutiques et d’internement en Suisse romande.

Ailleurs

L’incarcération de masse et nouvelle ségrégation raciale

Ici sont republiés des extraits de l’introduction du livre indispensable de Michelle Alexander, La couleur de la justice : incarcération de masse et nouvelle ségrégation raciale aux États-Unis. De l’esclavage aux innombrables prisons actuelles, en passant par les lois ségrégationnistes Jim Crow, ce texte replace la prison et l’incarcération de masse étatsunienne dans la bonne séquence.

Les prisons sont obsolètes

Ci-dessous un extrait de l’ouvrage d’Angela Davis, Les prisons sont-elles obsolètes, publié en 2003. Dans ce livre, elle analyse le système carcéral, en décryptant ses origines, son histoire. Elle met en lumière les fondations racistes, classistes et sexistes du système carcéral et démontre comment le système économique libéral et tout particulièrement les entreprises tirent profit de l’enfermement des êtres humains incarcérés.

Autres langues

DEUTSCH

Jeder Angehörige eines Gefangenen/einer Gefangenen weiß, dass man jeden Augenblick daran denkt, dass man einen geliebten Menschen da drinnen hat, aber es ist auch genau das, worüber wir in unserem täglichen Leben am wenigsten sprechen können. Ein Gefangener oder Ex-Sträfling zu sein, prägt das Leben und genau darüber können Mann/Frau nicht sprechen.
 
Ziel dieser Rubrik ist es, unsere Erfahrungen als Verwandte, Gefangene oder ehemalige Gefangene zu teilen, damit wir wissen, dass wir nicht allein sind. Wer weiß, vielleicht liefern unsere Zeugnisse auch Strategien und Ratschläge, wie wir mit dieser Situation umgehen können, wenn sie uns zu viel wird.
 
Lasst uns dieses Tabu brechen, das auf den Gefangenen lastet, das ihre Gedanken und die ihrer Angehörigen beschäftigt. Lasst uns hier zum Ausdruck bringen, was uns auf dem Herzen liegt, damit diejenigen, die uns lesen, uns verstehen werden und unsere Zeugnisse eine Kraft werden.
 
Sprechen wir über Gefängnisse, um die Einsamkeit und die Isolation zu durchbrechen.
Um einmal wirklich in Betracht gezogen zu werden und um auch Menschen, die die Gefängniswelt (weder von außen noch von innen) nicht kennen, ein besseres Verständnis zu ermöglichen.
 
Selbstverständlich dürfen Zeugenaussagen und Analysen keine rassistischen, sexistischen, islamfeindliche usw. Aussagen enthalten. Sie dürfen anderen Menschen im Gefängnis keinen Schaden zufügen. Angesichts des Anti-Gefängnis-Charakters der Internet-Seite dürfen sie das Gefängnis nicht legitimieren. Schließlich dürfen sie keine Strategien offenlegen, wie zum Beispiel Gegenstände ins Gefängnis gelangen, mit dem Ziel, dass diese Zeugnisse eine Kraft für alle und jede.n sein können.
 Schließlich ist darauf zu achten, dass keine Informationen preisgegeben werden, die für die Gefangenen nachteilig sein könnten, wie z.B. die verschiedenen Strategien, die von den Gefangenen und ihren Familien angewandt werden und die die Wachen noch nicht kennen!

ESPAÑOL

Cada persona cercana a un o una detenid@ lo sabe, tener alguien amad@ adentro, es pensar en eso en cada instante, es también la cosa de la cual se puede menos hablar en nuestro cotidiano. Ser si-mism@ detenid@ o ex-detenid@ marca su vida y tampoco un@ tiene el lugar de hablar de eso.
El interés de esta rubrica es compartir nuestras experiencias de persona cercana, persona detenida o ex-detenida para saber que no estamos sol@. Quien sabe, de estos testimonios resaltarán tal vez unas estrategias o consejos útiles para enfrentar esta situación cuando se vuelve demasiado pesada. 
Rompemos el tabú que pesa sobre las personas detenidas, ocupan sus pensamientos y los de su entorno. Expresemos lo que llevan nuestros corazones, acá dónde las personas que nos van a leer sabrán entendernos, y dónde nuestros testimonios serán fuerzas.
Hablemos de la cárcel para quebrar la soledad y el aislamiento.
Para ser considerad@s de verdad y permitir a las personas que conocen menos el mundo carceral (que sea de adentro o de afuera) entender mejor lo que es.
Esta rúbrica también quiere ser un lugar donde compartir más allá de los testimonios y de las análisis sobre la posición de persona cercana: pensamientos, músicas, textos, citas, consejos, astucias.
Evidentemente, los testimonios y las análisis no tienen que comportar discursos racistas, sexistas, islamófobos, etc… Tienen que respetar a las otras personas detenidas, no (        ). Debido al carácter anticarceral del sitio, no deben legitimar la prisión. Finalmente, no tienen que revelar estrategias para entrar objetos en la cárcel, por ejemplo. Nuestra meta es que los testimonios sean nuestra fuerza.
No desvelen informaciones que podrían prejudicar a l@s detenid@s, las distintas estrategias suyas o de sus entornos que no conocen l@s carceler@s por ejemplo.

ENGLISH

As every prisoner’s relative knows, having a loved one on the inside is not just something they think about at every moment, but also something about which we talk the least in our day-to-day lives. Being or having been a prisoner themselves also has an impact on their lives, and we can’t be silent on it any longer.
The aim of this section will be for us to share our experiences as relatives, prisoners or ex-prisoners, so that we know we aren’t alone. Who knows, perhaps these accounts will also provide strategies and advice regarding how to cope with the situation when it becomes too difficult. 
Let’s break down this taboo which weighs upon prisoners and which is so preoccupying both for them and for their relatives. Let’s express here what is in our hearts, in a place where those who read us will be able to understand us and where our accounts will gather strength. 
Let’s talk about prisons to break down the solitude and the isolation.
All this, so we can be properly recognised and to also allow those who are unfamiliar with prison life (both on the inside and the outside) to better understand what it’s like.
Of course, the accounts and analysis must not contain language that is racist, sexist, Islamophobic, etc. They must not knock other prisoners down. Given the anti-carceral nature of the website, they must not legitimise incarceration. Lastly, they must not reveal strategies for, for example, bringing objects into prison. This is so that these accounts are a force for everyone.
Finally, take care to not reveal information that could cause harm to prisoners, such as, for example, the different strategies used by prisoners and their relatives, that is as yet unbeknownst to the guards!

PORTUGUES

Qualquer pessoa próxima de um detento(a) sabe que, ter uma pessoa querida detida, significa pensar nisso a cada momento, mas também sabe que significa quase não poder falar disso no quotidiano. Ser detento(a) ou ex-detento(a) também marca uma vida e estes tampouco podem falar sobre isso.
O objetivo desta coluna é compartilhar nossas experiências enquanto pessoas próximas, detentos(as) ou ex-detentos(as) para que saibamos que não estamos sós. Quem sabe, talvez estes testemunhos também forneçam estratégias e conselhos sobre como lidar com esta situação quando ela se torna demasiado difícil para nós. 
Vamos quebrar este tabu que pesa sobre as pessoas encarceradas e que permeia seus pensamentos e os de seus entes queridos. Exprimamos aqui o que está em nossos corações, para que quem nos lê nos entenda e para que aqui nossos testemunhos nos dêem força. Falemos sobre as prisões para acabarmos com a solidão e com o isolamento, para que sejamos, por uma vez, realmente levados(as) em conta e também para permitir que as pessoas que não conhecem o mundo prisional (nem de fora nem de dentro) entendam melhor como ele é. 
Obviamente, os testemunhos e análises não devem incluir declarações racistas, sexistas, islamofóbicas, etc. Eles não devem prejudicar as outras pessoas detidas. Dado o caráter antiprisional do local, eles não devem legitimar a prisão. 
Finalmente, eles não devem revelar estratégias para trazer objetos para dentro da prisão, por exemplo. Isto a fim de que estes testemunhos sejam uma força para todos.
Finalmente, cuidado para não revelar informações que possam ser prejudiciais às pessoas detidas, como as diferentes estratégias usadas pelas próprias e suas famílias, que os guardas ainda não conhecem!

ITALIANO

Chiunque abbia una persona cara detenuta lo sa : saperla rinchiusa lì dentro, significa pensarci ad ogni istante, ma é anche ciò che non possiamo mai esprimere nella nostra vita quotidiana. Inoltre, essere o essere stati incarcerati, segna profondamente la nostra vita, ma anche di questo non si può parlare.
Lo scopo di questa sezione è di condividere le nostre esperienze come persone detenute, ex-detenute o come persone loro care e vicine, in modo da ricordarci che non siamo soli/e. E chissà, forse da queste testimonianze sorgeranno anche strategie e consigli su come affrontare questa situazione quando diventa troppo pesante.
Rompiamo il tabù e il silenzio che grava sulle persone detenute, che occupa i loro pensieri e quelli dei loro cari. Esprimiamo qui ciò che pesa sul nostro cuore, dove chi ci legge saprà capirci, e dove le nostre testimonianze si potranno trasformare in forza. 
Parlons prisons (Parliamo di prigioni) per spezzare la solitudine e l’isolamento.
Per essere, per una volta, realmente presi/e in considerazione e anche per permettere alle persone che non conoscono il mondo carcerario (né dall’interno o dall’esterno) di capire di cosa si tratta.
Ovviamente, le testimonianze e le analisi qui espresse, non possono includere dichiarazioni razziste, sessiste, islamofobiche, ecc. Esse non devono gravare su altre persone detenute. Inoltre, dato il carattere anticarcerario del sito, dichiarazioni e testimonianze non possono legittimare la prigione. Infine, esse non devono svelare le strategie in uso, ad esempio, per fare entrare oggetti in prigione. 
Attenzione poi a non rivelare informazioni che potrebbero essere dannose per le persone incarcerate, come le diverse strategie utilizzate da loro e le persone care, che le guardie carcerarie ancora non conoscono! 
Tutto ciò, con l’obiettivo che queste testimonianze siano una forza per tutte e tutti.

русский   

Каждый родственник заключенного знает, что иметь там любимого человека, думает об этом каждый момент, но это также самое малое, о чем мы можем говорить в нашей повседневной жизни. Быть заключенным или бывшим заключенным также знаменует вашу жизнь, и вы не можете больше об этом говорить.
Цель этого раздела – поделиться нашим опытом как родственников, заключенных или бывших заключенных, чтобы мы знали, что мы не одиноки. Кто знает, возможно, эти свидетельства также дадут нам стратегии и советы, как справиться с этой ситуацией, когда ее становится слишком много для нас.
Давайте нарушим это табу, которое отягощает заключенных и занимает их мысли и мысли их близких. Давайте выразим здесь то, что есть в наших сердцах, где те, кто нас читает, нас поймут, и где наши свидетельства станут сильными.
Давайте поговорим о тюрьмах, чтобы разрушить одиночество и изоляцию.
Быть когда-то по-настоящему обдуманным, а также позволить людям, которые не знают тюремного мира (ни снаружи, ни изнутри), лучше понять, каково это.
Очевидно, что свидетельства и анализы не должны включать расистские, сексистские, исламофобские и т.д. заявления. Они не должны толкать других людей в тюрьму. Учитывая антитюремный характер этого места, они не должны узаконить тюрьму. Наконец, они не должны раскрывать стратегии, например, по доставке предметов в тюрьму. Это для того, чтобы эти свидетельства были силой для всех.
Наконец, будьте осторожны, не раскрывайте информацию, которая может нанести вред заключенным, например, различные стратегии, используемые заключенными и их семьями, о которых охранники еще не знают!

SHQIP

Të gjithë të afërmit e të burgosurve e dimë se të kesh dikë brenda nuk është vetëm diçka për të cilën mendojmë çdo moment por njëkohësisht ajo për të cilën flasim më pak në jetën tonë të përditshme. Të jesh apo të kesh qenë i burgosur ka ndikim të madh në jetën e dikujt prandaj nuk mund të heshtim më.
Qëllimi i këtij atikulli është që të bashkëndajmë përvojat tona si të afërm, të burgosur apo ish-të burgosur që të kuptojmë se nuk jemi vetëm. Nuk dihet, ndoshta këto histori do të na pajisin me strategji dhe këshilla se si të përballojmë situatën kur ajo bëhet shumë e vështirë.
Ta thyejmë pra këtë tabu e cila peshon shumë mbi të burgosurit, tabu kjo shumë shqetësuese për ta dhe të afërmit e tyre. Le të shprehemi çfarë kemi në zemër, në atë vend nga ku ata të cilët do të lexojnë historitë tona do të jenë në gjendje të na kuptojnë dhe nga ku historitë tona do të marrin forcë.
Le të flasim për burgjet për t’i dhënë fund vetmisë dhe izolimit. 
Kjo me qëllimin, që të njihemi ashtu siç duhet si dhe që të lejojmë ata, që nuk njohin jetën e  burgut (brenda dhe jashtë tij) që ta kuptojnë se çdo të thotë një gjë e tillë.
Sigurisht që historitë dhe analizat nuk duhet të përmbajnë gjuhë që shpreh racizëm, seksizëm, islamofobi etj. Kjo nuk duhet të përdorur për të sulmuar të burgosurit e tjerë. Duke patur parasysh karakterin anti-burg të kësaj faqe web ato nuk duhet të bëjnë ligjitimizojnë burgun. Gjithashtu, ato nuk duhet të hedhin dritë mbi strategjitë si p.sh, si të sillen gjëra në burg. Këto histori duhet të forcojnë të gjithë.
Në fund, kini kujdes që të mos zbuloni informata të cilat mund të dëmtojnë të burgosurit, si p.sh, strategjitë e ndryshme që përdorin të burgosurit dhe të afërmit e tyre të cilat nuk njihen nga rojet e burgut!

WOLOF

Bépp jegeňaale ku caabi féete ginaaw xam na ci dara, am nit ki nga bëgg mu tàbbi nungsiin, sa xel du deň ci moom benn yoon doonte ni du doon lees mën a faral di waxtaane. Naka noonu, moo xam nga nekk yaw ci sa wàllu bopp ku caabi féete ginnaaw wala nga nekkoon ko, dalay topp sa giiru dund te du nekk lees mën di waxtaane.
Solos xët wi moo di waxtaane sunu jaar-jaar nun wéy-jegeňaale yi, moo xam ňi nekk kaso wala ňi fa mës a dugg ngir ňu xam ne du nun rekk. Kenn xamul, xéyna ci waxtaan yooye ay doxalin ak i xalaat ci nees di dëkkoo bile nekkin su demee ba metti lool dinaň fa juddoo.
Nan dindi kersa gi ňeel ňi caabi féete ginnaaw te ub seen i wopp ňook seen i bokk. Nan fésalee fii li ci sunuy xol, nga xamni ňni nuy topp dinaň xam li nuy dund, su ko defee sunuy kàddu  mën a juriji njariň.
Nanu waxtaane nungsiin ngir dindi wéetaay wi ak dëkkee gi goor. Ndax nu mën a nekk ňu ňu mës a weg dëgg-dëgg ba noppi may ňi xamul kaso (ci biir ak biti) ňu gën a xam ni mu tëddee.
Ayleyewen, seede yeek jàngat yi waruňu àndak wenn kàddug boddikoontey xeet, mbaa jigéen, walla di ŋàññ lislaam, añs. Waxtaan yi waruñu di gën a duggël ñeneen ñi caabi féete ginnaaw.  Ndéem barab bi worook kaso la baaxoo, waxtaan yiñ fay amal waruñu baaxal kaso. Bi mujj bi mooy, waxtaan yi waruñ di feeñal pexe yi ñuy duggale ay yëf ci biir kaso bi, ci niiral. Li ñu ciy wut mooy li ñu fay nettali ñépp mën ci jële njariñ, góor ak jigéen.
Fi may daanelee mooy laaye leen biir ci nu bañ a wuññi xibaar yoy mën nañ gàllankoor ñi caabi féete ginnaaw. Lu ci mel ni pexe yi ñuy tëral ñook seen i bokk te nga xam ni wattukat ya xamees a guñ leen.

Infos pratiques

Ici vous trouverez les informations pratiques sur les différentes prisons et instances judiciaires suisses et internationales.
Attention, les informations faisant foi sont celles figurant sur les sites officiels.
Les différentes prisons :
– Champ-Dollon (détention préventive, exécution de peine (anticipée ou non))
– Brenaz (exécution de peine (anticipée ou non)
Curabilis (exécution de peine (anticipée ou non) avec traitements et soins psychiatriques)
Favra (détention administrative)
– Frambois (détention administrative)
– La Clairière (détention pour mineur·e·s)
Les différentes instances judiciaires:
     
– Ministère public
– Tribunal pénal
– Tribunal administratif fédéral
– Tribunal fédéral
– Cour européenne des droits de l’homme

Quand migration rime avec détention et expulsion

Initiallement paru sur www.renverse.co

À Genève, une cinquantaine de personnes sont actuellement en détention administrative pour l’unique raison qu’elles se sont vues refuser une autorisation de séjour sur le territoire suisse. C’est le cas de R, tunisien, débouté, arrêté en octobre alors qu’il sortait de l’Office cantonal de la population et des migrations (OCPM) où il allait renouveler son papier blanc lui permettant d’obtenir « l’aide d’urgence ». Attiré par le mythe d’une Europe des « droits humains » et de la prospérité pour tou.te.s, R s’est au contraire trouvé face à une politique migratoire qui considère les êtres humains comme des numéros à gérer, trier, renvoyer…


Alors que l’on s’émeut des morts tragiques de migrant.e.s parsemant les routes de l’exil, faut-il rappeler les milliards investis non dans l’accueil, mais dans la répression et la construction d’une forteresse aux frontières infranchissable ?

De l’accueil entre détention administrative et renvoi

L’exemple du parcours de R qui cherchait l’asile en Suisse.
R est un homme tunisien vivant depuis plus de dix ans en Europe et qui en 2015 s’est engagé dans la lutte contre l’hébergement des requérants d’asile en abri PCi à Genève. Aujourd’hui il est emprisonné, condamné à trois mois de détention administrative, dans l’attente de son expulsion. Il a été arrêté en octobre dernier alors qu’il sortait de l’Office cantonal de la population et des migrations (OCPM) où, comme tous les 15 jours, il allait renouveler son papier blanc lui permettant d’obtenir « l’aide d’urgence ».

L’emprisonnement administratif peut durer jusqu’à 18 mois et se termine régulièrement par une expulsion, souvent assorti d’un vol spécial. À Genève, une cinquantaine de personnes sont actuellement emprisonnées aux centres de la Favra et de Frambois – et 168 places sont prévues sur le site de Champ-Dollon – pour l’unique raison qu’elles se sont vues refuser une autorisation de séjour sur le territoire suisse. La détention administrative les punit pour ce qu’elles sont, à savoir des personnes en exil cherchant refuge et un avenir meilleur en Suisse.

Des collusions indécentes entre Hospice et police

Débouté, R recevait l’aide d’urgence, soit 300.- mensuels, associés à une interdiction de travail, qui rendent impossible la vie en Suisse.
L’aide d’urgence, comme l’aide sociale, relève de la compétence de l’Hospice général. Pour la percevoir, les personnes en exil sont contraintes de pointer régulièrement à l’OCPM. Or, on assiste de manière récurrente à des arrestations à la sortie de cet office ou sur le trajet de retour, sous dénonciation des employés. Par une telle collusion entre social et police, l’aide sociale devient un véritable moyen de contrôle et de contrainte. L’OCPM étant à la fois le passage obligé pour obtenir de quoi survivre et le lieu choisi pour la répression.

R a trop longtemps été logé dans des conditions inacceptables. Pour avoir accès à des conditions de vie décentes et un minimum d’intimité – comme par exemple, dormir une nuit dans une chambre individuelle avec fenêtre, prendre une douche chaude en toute tranquillité ou cuisiner un repas avec des ami.e.s – R dort de temps à autre chez des proches. Mais si l’on ne se rend pas pendant 72 heures dans le logement assigné par l’Hospice, on est déclaré « disparu.e » aux autorités cantonales et perd les maigres droits accordés par le système de l’asile. Cette autre forme de contrôle rappelle que si des arrestations ont lieu lors du passage obligé à l’OCPM, elles s’effectuent également pendant le sommeil, dans les lits de l’Hospice général. Cette institution « d’action sociale » construit des dispositifs coercitifs en collaboration avec les politiques répressives d’Etat. Cela contribue à rompre irrémédiablement tout lien de confiance, poussant ainsi les personnes en exil à rentrer dans la clandestinité.

Le système migratoire suisse : une machine qui broie des vies

R a été attiré par le mythe d’une Europe des « droits humains » et de la prospérité pour toutes. Venant d’un pays « à risque migratoire élevé », il n’a pu voyager et rejoindre l’Europe légalement. Comme beaucoup d’autres, il lui a fallu prendre la mer clandestinement, au péril de sa vie. Il cherchait juste un avenir meilleur. Que peut nous importer s’il fuyait une guerre, une dictature, un pays dévasté par l’extraction de matières premières, la misère ou des problèmes personnels ? Tout le monde sait ce qu’il coûte de quitter son environnement, ses proches, ses repères pour aller dans un pays dont on ne connaît rien.
Arrivé en Suisse, R n’a pas pu raconter sa véritable histoire ni montrer ses papiers, car cela lui aurait valu un renvoi immédiat. Il n’a pu toucher aux miettes de cette prospérité, ni apercevoir l’ombre des « droits humains ». Au contraire, il a été mis face à l’interdiction de travailler, face aux logements délabrés, face aux visages glacés de l’administration (SEM, OCPM, Hospice général, police) et parfois même ceux du corps médical. Il a été forcé de vivre dans les sous-sols des bunkers à 30 par dortoir, sans air ni lumière du jour, soumis aux fouilles, aux contrôles et aux vexations permanentes. Face à ces conditions de vie et au mépris affiché par l’Hospice général dont il dépend, R ne s’est jamais senti considéré comme un être humain.
Cette politique migratoire considère les êtres humains comme des numéros à gérer, trier, renvoyer. Cette politique migratoire produit et cautionne leur mise à mort.

Le statut de réfugié : un trophée réservé à une minorité

Face à une demande d’asile, la première préoccupation des autorités est de prouver que le ou la requérante est passée par un autre pays d’Europe pour l’y renvoyer sous couvert des accords de Dublin. La deuxième étape consiste à démontrer que sa demande n’est pas justifiée ou qu’elle provient d’un pays où l’on ne risque pas de « vraies persécutions ». La misère, créée par des pratiques coloniales, n’étant évidemment jamais prise en considération. Et ceci sachant que le droit à l’asile fluctue au gré des relations diplomatiques et économiques*, qui permettent par exemple d’apposer ou d’enlever le terme guerre sur tel conflit ou le qualificatif de dictature sur tel régime ; considérations qui changent parfois du jour au lendemain.

Vrai ou faux, comment faire le jeu des discours xénophobes

Alors que l’on s’émeut des morts tragiques de migrant.e.s parsemant les routes de l’exil, faut-il rappeler les milliards investis non dans l’accueil, mais dans la construction d’une forteresse aux frontières infranchissables** ? Là où passent et repassent en toute sécurité les marchandises et les détenteurs du bon passeport – pour des vacances balnéaires, des séjours d’affaires ou des études universitaires – des êtres humains en possession du « mauvais » statut socio-économique et de la « mauvaise » nationalité, se fracassent contre des murs ou disparaissent.
On défend quelques « vraies » personnes réfugiées que l’on oppose aux « fausses » qui viendraient pour des « raisons économiques », en feignant d’oublier la responsabilité de cette même Europe qui pille et exploite les ressources de leur pays et qui bien souvent se retrouve liée de près ou de loin aux causes des conflits existants. Comme si les « motifs économiques » n’étaient pas politiques ni une violence infligée par des privilèges. Méfions-nous des divisions artificielles sur qui aurait la légitimité de séjourner sur le continent européen.

Stop aux collusions entre social et police
Stop aux arrestations à l’OCPM et dans les foyers
Stop aux bunkers, aux prisons et aux renvois

Liberté pour R et toutes les personnes incarcérées

Collectif Sans Retour
10 November 2017

* En 2012 la Suisse a signé un partenariat avec la Tunisie, “qui prévoit la réadmission des requérants d’asile déboutés en échange d’une série de mesures d’aide au développement socio-économique du pays”. https://asile.ch/2016/01/20/swissinfo-ch-le-statut-de-pays-sur-nimplique-pas-forcement-un-renvoi-de-migrants/

** À Genève, par exemple, plusieurs millions servent déjà à la répression des personnes en exil et 63 millions sont actuellement prévus d’être investis dans la construction d’un centre fédéral de renvoi au Grand-Saconnex.

Pas de centre fédéral au Grand-Saconnex ni ailleurs

Initallement paru sur www.renverse.co

Au Grand-Saconnex, collé au tarmac de l’aéroport de Genève, se trouve actuellement le foyer pour réfugiéEs, familles et personnes seules, des Tilleuls. Ce dernier devrait être détruit dans les prochains mois en vue de la construction d’un grand complexe comprenant un Centre Fédéral de renvoi pour requérantEs d’asile de 250 places, une prison de détention administrative de 50 places, ainsi qu’un service de police et de douane.

Derrière “l’accélération des procédures” de la nouvelle politique d’asile suisse censée être mise en oeuvre dès le 1er janvier 2019, se cache en réalité la volonté de criminaliser, d’incarcérer, de faire taire, pour finalement renvoyer des personnes dont le seul délit est d’avoir fui les guerres ou la pauvreté.
Ce Centre fédéral de renvoi est le symbole même d’une politique raciste de non-hospitalité qui se durcit de plus en plus, montrant bien l’injustice et la violence du système d’asile suisse.

CENTRE FÉDÉRAL : UN ACCUEIL CARCÉRAL

Le centre est conçu comme un gigantesque centre de renvoi : une seule entrée, des cellules d’isolement et un accès direct au tarmac. L’emplacement choisi par les autorités ne ment pas.

Genève deviendra la plaque tournante des expulsions en Suisse romande, perpétuant ainsi des pratiques inhumaines déjà critiquées par la Commission fédérale contre le racisme.

Comment en effet mieux “accueillir” des personnes requérantEs d’asile déboutéEs que dans un univers carcéral ? Une discipline infantilisante et arbitraire : annonce obligatoire en entrant et en sortant, fouilles, punitions, prise d’empreintes digitales, impossibilité de conserver des denrées alimentaires et de cuisiner. Une “aide” d’urgence dérisoire qui ne sert qu’à maintenir les personnes requérantEs à disposition de la police en vue de leur renvoi. Et comme pour les détenuEs, des travaux d’intérêts généraux payés 3.75 CHF de l’heure.

Tout est également prévu pour que les requérantEs ne se mélangent pas au reste de la population. Des horaires restrictifs (9h-17h en semaine) empêchent le travail et la vie sociale à l’extérieur. Enfin, les enfants seront scolarisés à l’intérieur même du centre, les coupant des autres enfants et les privant d’une vie normale.

DETENTENTION ADMINISTRATIVE : SILENCE, ON ENFERME, ON EXPULSE

La détention administrative permet aux autorités d’enfermer jusqu’à 18 mois des personnes étrangères au seul motif qu’elles n’ont pas les bons papiers. Pas besoin d’avoir commis un délit pour se retrouver derrière les barreaux.

A Genève, il existe aujourd’hui trois prisons dédiées à cette pratique : La Favra, Frambois et le Service asile et rapatriement à l’aéroport (SARA). Ces prisons de détention administrative devraient être remplacées dans les prochaines années par La Brenaz (168 places) et par la prison jouxtant le Centre fédéral du Grand-Saconnex (50 places).

Alors qu’à Genève cette pratique n’existait quasiment pas il y a 20 ans, le canton comptera bientôt plus de 218 places d’enfermement pour personnes migrantes. Une augmentation exponentielle, signe d’une politique migratoire raciste de plus en plus violente et décomplexée.

UN PROJET SYMBOLE D’UNE POLITIQUE RACISTE

Cette politique d’exclusion violente, qui vise clairement les personnes originaires de pays extra-européens, ne peut être qualifiée d’autre chose que d’une politique raciste. Les autorités fédérales, le canton de Genève et la commune du Grand-Saconnex, en prenant part à cette infamie, ne laisse d’autre choix à la population que de s’organiser pour faire front et résister avec les personnes concernées.

LEXIQUE

“RequérantEs d’asile déboutéEs” : Personnes dont la demande d’asile a été refusée (décision négative ou non-entrée en matière). Elles sont dès lors condisérées comme “illégales” sur le territoire par les autorités et les lois racistes suisses. Personne ne devrait être illégale.
“Détention administrative” : Enfermement d’une personne pendant que les autorités a) vérifient son identité ou b) organisent son renvoi du territoire suisse. La personne détenue est ainsi considérée comme un sujet criminel et traitée de la sorte.

QUE FAIRE ?

Ne pas soutenir les politiques étatiques racistes c’est notamment :

  • S’informer sur asile.ch et renverse.co
  • Etre solidaire et soutenir les personnes en exil par un maximum d’initiatives et d’actions.
  • En parler autour de vous et soutenir les actions de Perce-Frontières. Envoyez-votre un mail à perce-frontières@noborders.ch pour être tenu au courant des prochains évènements.

NO PRISONS FOR MIGRANTS